Martyr

Critique / Martyr

Publié le: JEUDI 03 NOVEMBRE 2017

« Martyr », le fanatisme en forme de film d’action

Martyr, le spectacle mis en scène par Oskaras Koršunovas, avec une compagnie lituanienne s’est produit au théâtre des Célestins du 19 au 21 octobre dernier. Benjamin, un adolescent qui vit avec sa mère célibataire, devient fanatique de la religion catholique. De caractère fort, révolutionnaire et manipulateur le jeune homme va à l’encontre des idées reçues et impose l’extrémisme religieux dans son quotidien.

A table avec sa mère, Benjamin refuse de manger et demande une lettre de justification pour son école. Il ne veut plus aller au cours de natation. Les jeunes filles habillées en bikinis sont une provocation à l’acte sexuel, le péché aux yeux du jeune homme.

Rapidement, Benjamin parsème ses paroles de citations de la Bible, et revendique une morale stricte au sein de son école. Des exigences satisfaites par le directeur de l’école tout à sa recherche d’un consensus. Peu à peu, le chef d’établissement cède devant les arguments simplistes du jeune homme, en désavouant Mme Roth, jeune professeure de biologie rationaliste. Cette dernière va alors se prendre de passion pour la question religieuse, pour essayer de comprendre le comportement de l’adolescent.

Très vite nous rentrons dans le sujet. Les scènes s’enchaînent l’une après l’autre, sur fond de musique métal et entrecoupées de projections d’images bibliques. Les lumières sombres invitent les spectateurs à entrer dans cet espace de folie fanatique. Le décor ne contient que quelques objets de salle de sport, meuble avec les statuettes religieuses et une table.

La pièce ne laisse que peu de place à l’observation des évènements, de plus en plus forts et choquants au fil du spectacle. Peu de temps est consacré à la découverte des personnages dans leur intimité. Les scènes s’enchaînent à la manière d’un film d’action.

Puis, le coup de folie. Les personnages et les dernières digues cartésiennes cèdent devant les assauts de Benjamin. Son fanatisme est désormais celui de ses interlocuteurs. Une victoire célébrée dans une fin violente.

Jelena Dzekseneva